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Les béatitudes nous mènent au coeur du paradoxe évangélique. « Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux » Mt 5,3. Une pauvreté semble signifier une possession ! Les pauvres auraient-ils ce qu’ils ne pensaient pas avoir du fait de leur pauvreté ? Jésus ne dit pas « sera à eux » mais « est à eux » : ce n’est pas une récompense, c’est un état de fait. Le Royaume appartient de droit aux pauvres de coeur. Cette appartenance n’est pas pour demain, elle est actuelle, et le Royaume est aujourd’hui aux pauvres de coeur.
Seulement, la logique du Royaume interdit de penser que le Royaume puisse être posséder à la manière dont nous possédons des biens. Le Royaume ne se possède pas ! Le Royaume n’est pas un avoir, non c’est un état de pauvreté ! C’est la condition d’être dans le Royaume. On ne possède pas le Royaume, on est à Lui, parce qu’on est comme Lui. On ne désire rien du point de vue de l’avoir, puisque l’être éternel de Dieu est la grâce inouïe à laquelle le Père nous appelle en Jésus-Christ.
Le Royaume est mystérieusement déjà donné aux pauvres de coeur. « Pauvre de coeur », qui es-tu donc ?
Le pauvre de coeur n’est-il pas celui qui a commencé à voir l’amour infini de Dieu pour lui le relever de sa misère ?
N’est-il pas celui qui reconnaît que l’homme est pauvre tant que son coeur n’est pas la demeure de Dieu ?
Le pauvre de coeur laisse Dieu opérer en lui, il sait que Dieu seul est Maître de la Vie, et il trouve en Jésus le Chemin, la Vérité et finalement la Vie éternelle.
« Heureux les coeurs purs, ils verront Dieu » : pas d’autre finalité à tout notre vie humaine que de « voir Dieu » ! Pas de joie plus grande que celle qui nous attend : voir Dieu ! Non pas Le voir, comme nous nous voyons en ce monde, les uns à côté des autres, mais Le voir comme « du dedans de Lui », en étant en Lui, et découvrir toutes choses par Lui. Cette joie se prépare dès cette vie en apprenant à vivre pour Lui. 22/07/2002 Père Laurent Stalla-Bourdillon, JMJ direct |