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Compte rendu de la catéchèse donnée par Mgr Hippolyte Simon le mercredi 24 juillet 2002. « Vous êtes le sel de la terre », tel était le thème développé ce jour par les évêques en charge des catéchèses, impliquant 129 Eglises catholiques, et 7 salles d’une capacité d’accueil de 10 000 personnes à Exhibition Place. Monseigneur Hyppolite SIMON, assurait quant à lui, une de ces catéchèses de ce matin, en la Paroisse d l’Immaculée Conception, devant un parterre de jeunes de Corrèze, du Territoire de Belfort et de canadiens venant de trois diocèses.
« Avons-nous besoin d’être sauvés et de croire ? » C’est par ces mots que l’Evêque de Clermont a ouvert ce temps d’enseignement et de réflexion. Selon lui « l’idée du salut est difficile à comprendre pour nos contemporains. S’il n’a pas conscience de ses ténèbres l’homme moderne n’a pas besoin de lumière. C’est bien la question de l’accueil de la Lumière en tant qu’espace spirituel révélateur qui fait difficulté. »
L’évêque poursuit dans la même veine : « C’est plus ou moins consciemment que l’homme moderne a renversé les perspectives de sa propre vie sans qu’il ne s’en rende compte pour autant : Aujourd’hui, on attend plus le salut pour la société que pour les personnes. Ainsi sommes-nous devenus plus sensibles aux institutions qu’aux vies individuelles. » Le paradoxe est flagrant pour Monseigneur SIMON qui martèle : « Pourtant, dans une perspective chrétienne les civilisations passent, mais bien aux personnes, à chaque individu, que la promesse d’une vie éternelle a été faite. » S’il était besoin d’une preuve engageante, l’évêque rappelle que « le Christ a confirmé cette promesse : s’il a donné sa vie pour les personnes, il a en revanche confiée la société à la responsabilité de chacun. Le message du fils de Dieu est clair : chacun est plus grand que le système social auquel il appartient. Ainsi la personne représente-elle plus q’elle-même. Sa valeur est infinie aux yeux de Dieu. C’est pourquoi réagir portant avant tout l’attention à l’institution est un non sens. Dans cette même logique chaque personne appelée doit bien avoir conscience d’être disciple de Dieu avant tout. »
Monseigneur SIMON a ensuite souligné avec conviction l’importance de la promesse de vie éternelle faite à chacun qui confère une valeur à toute vie, à tout être. « C’est dans cette promesse et la juste conscience de la valeur de chacun que s’ancre la liberté. C’est fort de cette liberté dans la Christ que chaque chrétien est invité à la dissidence, à ne pas s’enfermer dans les systèmes dans lesquels nous vivons. Chacun a la possibilité d’éprouver dans le Christ la sérénité procurée par un repère éclairant, accompagnant en permanence les parcours des hommes, aussi divers soient-ils ».
L’évêque de Clermont insiste sur la nécessité d’entretenir volontairement le dialogue avec la Christ : « C’est bien dans la relation avec le Christ, dans un dialogue nourri, que les baptisés sont révélés à eux-mêmes et conviés à laisser transparaître, dans le monde par tous pores de leur être, la lumière révélatrice et irradiante du Ressuscité. » Cela commence par le regard porté, sur le monde :« La lampe du cœur c’est l’œil, si donc ton œil est saint, alors ton corps est saint tout entier ». C’est pourquoi, tout chrétien ne peut pas s’enorgueillir d’être la lumière du monde et ignorer celui qui est dans les ténèbres.
Pour terminer ce temps d’enseignement, l’évêque réaffirmait cette conviction : « Vous êtes bien lumière du monde, votre présence ici à Toronto le prouve, vous pouvez vous éclairer mutuellement. Vos vies parlent certainement parfois mieux que tous les discours ou débats philosophiques. Vos vies se situent dans l’alliance avec une personne : le Christ. »
Monseigneur SIMON invitait ensuite les participants à rencontrer au cœur de l’eucharistie qui a suivi Celui que le monde a reçu, lumière révélatrice d’un chemin pour les hommes. Dans l’homélie il ajoutait en complément à son enseignement précédent : « La liberté ne se demande pas, elle se prend. Dans le monde qui est le nôtre, il est vital de ne pas tomber dans le panneau des idoles muettes comme la réussite où l’argent. Elles asservissent plus qu’autre chose. La liberté véridique, c’est cette qui émerge de l’intérieur et que l’on apprend à goûter peu à peu. »
Il concluait cette rencontre du matin en lançant aux jeunes présents : « N’ayez pas peur de cheminer, n’ayez pas peur de parler, n’ayez pas peur tout simplement. Vivez dans la confiance déposée en vous, pour que vos vies soient rayonnantes. » C’est avec chaleur que cet envoi a été accueillie par des applaudissements nourris. 26/07/2002 Damien, Correspondant JMJ direct Clermont Ferrand |