JMJ direct inXL6
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
JMJ direct, une réalisation inXL6
 

Katéri continue son œuvre d’unité entre Indiens et Chrétiens

Patronne des JMJ 2002 à Toronto, Kateri Tekakwita, est entrée en scène à Médieval Times, sur le site d’Exhibition Place. Cette jeune indienne Mohawk, née en 1656, a permis une magnifique collaboration entre Indiens et Français. Daniel Facérias, créateur et metteur en scène du spectacle, nous raconte la genèse de ce projet qui rassemble aujourd’hui, dans un même cœur, 60 participants indiens, français, canadiens, qu’il soient acteurs, cavaliers, chanteurs, danseurs…

JMJ direct : Daniel Facérias, d’où vous est venue l’idée d’écrire un spectacle sur Katéri Tekakwita ?
Cela remonte en fait aux JMJ de Rome ; le père Rosica a assisté avec son scénographe à une représentation du spectacle sur Giorgeo Frassati. Il m’a demandé de travailler sur une œuvre qui serait un mix entre les martyrs canadiens, dont Jean de Brébeuf, et Katéri. Nous abordons dans ce spectacle toute l’aventure missionnaire du nouveau monde, au cœur du Canada amérindien du XVIIème siècle. En m’appuyant sur des recherches historiques, j’ai découvert une population passionnante.

JMJ direct : Dans votre spectacle jouent ensemble des acteurs français et indiens. Comment la préparation s’est-elle passée ?
Le travail avec les Indiens a été ma plus belle aventure. Je vais vous parler un peu de leur recrutement qui a été assez folklorique. Nous avons fait appel aux Indiens de la réserve de Kahnawake. Nous nous étions mis d’accord avec les Jésuites de Kahnawake qui devaient trouver chez eux quelques acteurs. Mais quand nous sommes arrivés pour la répétition, il n’y avait personne… Ici, les femmes ont un pouvoir important ; c’est par elles que se transmet la dynastie. Deux « Mothers Clan », celle du Clan de l’Ours et celle du Clan de Loup, sont alors venues nous trouver pour mettre les choses au clair. Chez les Indiens on n’aime ni les blancs ni les Catholiques. Mais on connaît Kateri et le projet intrigue. Et Katéri n’est ni blanche ni jésuite…
Ce n’était pas gagné. Cependant je leur ai expliqué que le Christ, lui, était aussi Mohawk. Nous souhaitions dans notre spectacle montrer un point de vue indien et non pas jésuite.

JMJ direct : Et vous les avez convaincu ?
A la première répétition, ils étaient 2. Je leur ai fixé rendez-vous pour la suivante… Aujourd’hui, ils sont 24. Le jour de la représentation, il y avait même deux Indiens de plus que prévu…
Mais cette bonne entente était subordonnée à une démarche essentielle, sans laquelle les Indiens n’auraient jamais participé. Nous nous sommes rendus au sanctuaire de Jean de Brébeuf. Les catholiques ont récité un Notre Père et un Je vous salue Marie. Les Indiens ont fait la prière sur le sable selon leurs traditions. La communion était établie et le travail commun rendu possible.

JMJ direct : avez-vous eu des anecdotes amusantes au cours de la préparation ?
Un jour un chef indien a cassé un micro. Le technicien américain s’est énervé et l’a traité de tous les noms. Offensé, le chef a commencé à partir avec tous les Indiens de sa tribu. Nous avons du le rattraper pour nous excuser, et le supplier de rester… Un autre jour, on a réprimandé un jeune Indien qui perturbait les répétitions. Il a téléphoné à son père, chef de tribu, pour se plaindre de ce « manque de respect ».
Mais tout s’est finalement très bien passé. Il faut juste tenir compte des règles de chaque nationalité.

JMJ direct : quel est le message que vous souhaiteriez laisser à travers ce spectacle ?
Le message, c’est le pardon et la réconciliation. Katéri a vécu sans arrêt dans une situation de conflit : conflit entre les différentes tribus Mohwak et Kahnawake), conflit entre Indiens et Blancs, conflit entre Indiens et Chrétiens,… Elle a été sans cesse une messagère de la paix et de l’amour. Katéri, c’est la saint de la miséricorde.

Merci Daniel, et bonne continuation !

Ce spectacle a aussi été une grâce pour les acteurs. Pour l’actrice qui jouait Katéri, c’est une expérience très riche. Brésilienne, de souche indienne, cela a été l’occasion de renouer avec ses racines familiales. Elle est d’autant plus proche de la bienheureuse qu’elle incarne que, lorsqu’elle s’est convertie, cela n’a pas plu à son père. « J’ai toujours rêvé de faire du théâtre. Et la spiritualité de Katéri me plaît beaucoup : tout donner par amour, c’est une règle de vie magnifique ».

Comme le disent les organisateurs : « Des scènes d’aventures extérieures et intérieures, des moments poignants et inoubliables. »

26/07/2002
Daphné,
Rédactrice JMJ direct

 
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