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Saint Paul lui qui mettait son orgueil à servir « la cause de Dieu » en persécutant les premiers disciples, a compris quelle était l’attente de Dieu. Saint Paul lui qui mettait son orgueil à servir « la cause de Dieu » en persécutant les premiers disciples, a compris quelle était l’attente de Dieu. Il s’efforce de nous aider à prendre à revers l’orgueil qui nous guette tous : « celui qui veut s’enorgueillir, qu’il mette son orgueil dans le Seigneur », c’est-à-dire « qu’il ose attendre tout du Seigneur ! » 1Co1,26-31. Oui, l’amour de Dieu pour nous restera toujours déroutant : « Dieu choisit ce qui est folie dans le monde, ce qui est faible ».
C’est donc que la fragilité de l’homme ne fait pas peur à Dieu. Au contraire, la « force des hommes » ne saurait intéresser Dieu, puisque c’est précisément sa force qu’il veut nous offrir ! Dieu rend fort en donnant sa force divine, et la force de Dieu, c’est son Esprit, l’Amour dont Il nous fait vivre !
C’est parce Dieu veut combler les hommes de son Amour et les conduire à se confier en Lui que Jésus va prononcer le discours étonnant des Béatitudes.
Le Seigneur instruit ses disciples et les fait entrer dans le mystère de l’Amour éternel de son Père. Amour bien incompréhensible pour tous ceux qui n’entendent pas que Dieu ne regarde pas la force des hommes, ni leur gloire, puisqu’Il vient offrir à chacun sa propre puissance divine, et revêtir chacun de la Gloire éternelle de son Amour.
On ne superpose pas un somptueux vêtement sur un autre somptueux vêtement. Si donc les hommes se parent de gloire, le Seigneur leur laissera leur gloire et offrira sa Gloire éternelle à ceux qui n’auront pas trouvé de motifs de se glorifier eux-mêmes : Il la donnera aux humbles. Les Béatitudes sont l’expression de la parfaite consolation que Dieu offre. Jésus nous invite donc à oser affronter les épreuves de ce temps dans l’espérance de la consolation de Dieu. Il faut s’attacher à la parole de Jésus, non pour attendre une récompense promise, mais pour vivre dans la foi en la promesse de la joie éternelle qu’Il annonce.
Le mystère de l’amour révélé dans les Béatitudes, c’est entendre Dieu déclarer bienheureux ceux que ce monde présent laisse encore affamés d’une justice et d’une paix que les hommes ne se donnent pas. C’est dans l’humilité vraie, celle qui est attente de paix, que va germer l’espérance de Dieu.
Tout attendre de Dieu n’est pas ‘ne rien faire’ en ce monde. C’est agir en tout pour le bien, sans jamais s’arrêter sur le bien réalisé, sans jamais cesser de croire que Dieu seul est la source de ce bonheur inépuisable qu’on appelle la Béatitude.
Les béatitudes sont l’accomplissement étonnant dans la bouche du Christ Jésus de la parole de Sophonie (Soph 2,3), que nous lisions le premier jour : Dieu s’apprête à combler les humbles, à les servir, en leur offrant sa propre vie.
Dieu ne nous demande ni notre force, ni même nos efforts : seulement notre confiance parlaquelle s’exprime l’humilité de notre coeur. S’il doit y avoir un effort, il doit être là, dans la certitude que Dieu tient dans sa main toute paix et toute consolation de tous les coeurs humains. Les hommes coopèrent en effet davantage à l’oeuvre de Dieu en se remettant à Lui, qu’en déterminant eux-mêmes ce qu’ils pensent être bon pour eux. Il suffit de nous laisser aimer par Dieu, voilà notre coopération ! Se laisser aimer par Dieu, c’est oser croire, simplement, que Lui seul comble et console le coeur, que Lui seul rassasie et finalement fait entrer l’homme dans la plénitude de joie à laquelle il est appelé. Que la Vierge Marie soit toujours pour nous l’exemple de celle qui entre dans les béatitudes.
Le Christ Jésus sait bien quel bonheur nous est promis. Il sait aussi quelle conversion à sa parole est attendue de notre part. Se convertir au Seigneur, c’est donner une place toujours plus grande à sa parole, et la porter dans la foi et l’espérance. 20/07/2002 Père Laurent Stalla-Bourdillon, JMJ direct |