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Il s’agit, aujourd’hui, d’entendre dans les béatitudes un appel à reconnaître le monde présent comme un monde où l’on pleure, où l’on a faim, où l’on a soif de justice, où l’on est persécuté. Alors, le Royaume sera une joie pour ceux qui espérent car ils seront comblés, ils n’auront pas chercher à faire de ce monde, le lieu de leur rassasiement, de l’absence de pleurs, etc... Jésus nous invite à reconnaître avec audace que ce monde présent, n’est pas le lieu du bonheur qu’Il veut pour nous. Pour autant, loin de refuser la vie qui nous est offerte ici et maintenant, il faut rendre grâce, de sorte que mystérieusement la porte du Royaume s’ouvre ! Elle s’ouvre lorsque nous reconnaissons que tout en ce monde nous oriente vers la joyeuse espérance du Royaume.
Il ne s’agit nullement d’entendre les béatitudes comme s’il y avait quelques béatitudes à être en pleurs, à être pauvres, à être dans la faim et le dénuement ! Non, ce serait se tromper sur l’intention de Jésus qui ne nous revèle ici ni plus ni moins que l’existence du Royaume !
Pour y entrer, il faut simplement avoir renoncé à faire de ce monde le lieu de notre satisfaction ! Si nous n’espérons pas le Royaume n’est-ce pas que ce monde nous satifait. S’il nous satisfait et nous comble, le Royaume ne saurait être pour nous, car le Royaume est pour ceux que ce monde ne comble pas, et qui, de surcroît sont habités par le désir de voir les pleurs cesser, la faim être comblée, la soif appaisée !
On doit entendre l’Evangile des béatitudes comme Révélation du Royaume !
Jésus révèle l’attitude intérieure de ceux qui sont aptes au Royaume. Il ne s’agit en aucun cas des conditions extérieures de vie !
La joie du Royaume vient alors même que nous ne nous n’y pensons pas parce que tout extérieurement semble contraitre ... or, il vient de l’intérieur de nous-mêmes, alors que le monde présent cesse d’être pour nous le Royaume, alors qu’il passe « à nos yeux » pour laisser place au Royaume, non seulement en espérance, mais réellement par la joie dont il remplit déjà l’âme ! 19/07/2002 Père Laurent Stalla-Bourdillon, JMJ direct |